Le bus et le but

L’équipe de l’ « Association RétroBus Léman[i] » traite ses véhicules aux petits oignons. J’ai pris la photo, ci-dessus, à l’occasion d’une balade à Lausanne.

Ce bus, par exemple, reste-t-il sans voix devant toute l’attention qui lui est portée ? Il n’en a pas la possibilité. Toutefois, bien qu’il ne parle pas, son moteur ronronne et attire le regard des badauds. Quant au contrôleur, il supplée largement à son mutisme en ce qui concerne la parole, pour nous renseigner sur l’histoire du joyau que représente ce moyen de transport. De plus, des personnes ont un bagage de connaissances ad hoc pour s’engager afin de lui permettre de sillonner la ville, voire parcourir un lieu plus éloigné, grâce à une « mise en beauté » indéniable.

Pendant le trajet, le chauffeur fait des arrêts et le contrôleur en profite pour nous parler du bus et de son passé d’une voix enjouée. Mais l’ensemble des collaborateurs de cette association ont sans doute aussi des souhaits à profusion pour l’avenir de leurs nombreux véhicules. À l’image du bus qui fait une halte, nous profitons souvent d’une pause bienfaisante en été, sous un « feuillage luxuriant à l’ombre duquel on se repose à l’abri de la grosse chaleur », comme je l’ai écrit sur la page d’accueil de mon site. Nous pensons à nos chouettes expériences vécues dans différents domaines, dont le plaisir éprouvé en est décuplé quand nous les partageons avec d’autres. Il agit comme une véritable cure de jouvence. Cette dernière peut nous donner une « bonne odeur », de celle recherchée par ceux qui auront ensuite envie de poursuivre la route avec nous, dans le même esprit. C’est ensemble que nous pouvons alors nous réjouir de nos rêves en devenir.

Au commencement de mon roman, Juliette, ma jeune héroïne, fait une halte pour réfléchir sur son passé et son avenir. Ils vont être déterminants pour les douze prochains mois, pendant lesquels elle souhaite relever un défi de taille. Déterminée, elle ne veut pas manquer le but qu’elle s’est fixé. C’est pareil pour le chauffeur. Il doit connaître le trajet que va parcourir son bus pour atteindre le lieu de la fin de la promenade. Juliette va donc aussi tout mettre en œuvre pour tenir le cap, en cherchant auprès de son entourage, tous âges confondus, des réponses à des questions vitales pour elle. Elle fait fi des barrières de séparation entre générations. La survie du bus, par exemple, ne dépend-elle pas non plus de la transmission d’intérêts, de compétences, de rêves qui se transmettent de génération en génération ? Comment l’association pourrait-elle poursuivre ses objectifs s’il n’y a personne à qui passer le flambeau ? Sans vision, tout finit par mourir. Lors de ma balade dans ce bus, j’ai eu énormément de joie à voir la fierté d’un enfant vêtu d’une casquette de contrôleur vissée sur la tête, en plus de l’uniforme. Il est une belle image de l’avenir prometteur de l’association.

Il en est de même pour Juliette. Grâce à sa démarche, son histoire n’est de loin pas destinée qu’aux adolescents. Il faut garder à l’esprit que les jeunes d’aujourd’hui formeront la société de demain. Celui qui ne vit pas dans le déni est conscient qu’un rapprochement réciproque entre générations est approprié. Les préoccupations de Juliette avec ses camarades et leur langage jeune ne doit donc pas être un obstacle à la lecture du roman, mais au contraire, un pas vers eux. Finalement, nos  aspirations profondes ne sont pas forcément si différentes de celles de Juliette ou de tout ado bien réel de notre voisinage.

En conclusion, l’important pour un chauffeur, avant de rouler, est de savoir où aller. L’itinéraire sera étudié, avant de démarrer. Juliette agit de même pour sa vie, avant d’avancer.

Viser le but,

avancer dans sa direction,

puis l’atteindre.

[i]Association RétroBus Léman
Je remercie l’association de m’avoir autorisée à prendre la photo et la publier sur mon site.