La plaine et la montagne

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« Vouloir arriver, c’est avoir fait déjà la moitié. »

Citation d’Alfred Capus.
 
Arriver à quoi ?

Ce cygne ne voit rien sur sa trajectoire qui l’empêcherait de s’envoler.

En revanche, cette mouette doit décider de renoncer à ce qui l’emprisonnait jusque-là et l’empêchait de décoller. La corde et les pattes d’une congénère qui lui tourne le dos pour s’éloigner sont suggestives.

Celle-ci est au crépuscule de sa vie, paraît être plus que l’ombre d’elle-même, mais ne se décourage pas, et prendra son envol comme les plus jeunes de ses congénères.

Cette pie ressemble à Juliette. Elle en est encore au stade de la réflexion, cherche cependant à porter sur son avenir un regard perspicace et clairvoyant, comme celui de l’aigle.

Que veut Juliette ?

L’adolescente, dans « Le coffret à trésors », cherche à vivre une belle aventure durant sa vie. Son regard se porte sur la plaine et la montagne. Le dénivelé entre les deux est parfois énorme.

Plaine qui s’étend près de Gland, au bord du lac Léman, en Suisse.

Le Mont Blanc depuis Gland.

Le souhait de la jeune fille est de se donner les moyens de ne pas appréhender le futur quand l’imprévisible survient, lorsqu’une montagne lui cache le paysage.

Elle contemple attentivement les sommets qui l’entourent. Leur grande beauté devrait la rassurer. Alors, pourquoi ne pas les voir d’un bon œil, comme elle le fait avec la plaine ?

Une prise de vue depuis Ouchy, à Lausanne, au bord du lac Léman, en Suisse.

Elle craint de ne pas avoir la force de gravir ce qu’elle considère comme un obstacle, une montagne. Elle voit à ses pieds des champignons tapisser le sol plat de la forêt. Là, tout paraît facile, ça marche comme sur des roulettes.

Puis elle observe ceux qui sont enracinés sur la pente accidentée de la souche d’un arbre. Leur chapeau vissé sur leur pied, ils ne se courbent pas.

Le fait d’être enracinés, de ne pas être en mesure de se déplacer, ne met pas forcément ces champignons hors de danger. Avez-vous trouvé l’intrus ?

Comment être certaine d’être aussi brave que ces végétaux ?

Eux n’ont pas la peur au ventre comme elle quand les muscles la font souffrir, quand la fatigue la décourage, alors que la montée semble interminable. Après tout, ils sont enracinés, donc l’expression, « Ça marche comme sur des roulettes », ne peut pas leur être attribuée. Ils sont statiques, alors qu’elle est mobile, appelée à avancer, progresser et non pas stagner. Elle détourne le regard et se met à réfléchir.

Les barres énergétiques sont-elles la meilleure réponse au problème ? Permettront-elles à la jeune fille d’escalader les plus hauts sommets ? Tout considéré, ces barres occasionnent des désagréments. Pendant l’effort, elles causeraient notamment des troubles digestifs, tels que des ballonnements, des crampes d’estomac, et j’en passe. Les mastiquer en marchant conduit aussi à un essoufflement. De plus, il faut penser à atteindre son point de chute avant la nuit, en évitant de s’arrêter, même pour des en-cas énergétiques. Finalement, opter pour une boisson énergétique, au lieu de la barre, paraît être plus adéquat pour parcourir un chemin éprouvant.

Le Bachalpsee dans l’Oberland bernois, Suisse, avec à l’arrière, sur la gauche le Mittelhorn, et plus à droite le Schreckhorn.

Ces promeneurs atteindront-ils leur destination avant la nuit ?

Mais est-ce suffisant ?

Prendre soin de son corps est un pas important pour poursuivre sa marche. Bichonner son sommeil, etc., permettra aussi à Juliette de mieux faire face aux contraintes de l’existence. Des maladies peuvent l’atteindre, mais veiller à son hygiène de vie est à sa portée pour résister à un grand nombre d’entre elles, sur le plan physique, mais aussi mental. Car nous ne sommes pas qu’un corps, mais il y a également autre chose à prendre en considération.

L’âme est en relation avec nos émotions. Les montagnes qui font l’admiration de l’adolescente garderont toute la splendeur qu’elle leur attribue, à condition de faire les bons choix, à savoir, rechercher la joie, la paix, le pardoni , la vérité, au lieu de l’abattement, l’inquiétude, la haine, le mensonge.

Michael et Catherine Pool, un couple rencontré il y a quelques jours à Pully, à deux pas de Lausanne. Avec leur bouzouki et leur accordéon, ils jouent et chantent, aussi en grec, au bord du Léman quand le temps le permet pour partager leur joie de vivre. Pratiquer leur hobby en couple dans leur salon les rend heureux, parce qu’ils aiment être ensemble, mais en faire profiter les autres leur procure une grande satisfaction. Quand je les regarde, je vois le couple Burnand dans le « coffret à trésors ». Michael et Catherine comptent parmi les lecteurs de mon roman.

C’est grâce à ces sommets, si elle sait comment les aborder, que Juliette apprendra la persévérance. Celle-ci rend l’impossible possible. Avec la prise de conscience de son corps, veiller sur l’état de son âme est donc une nouvelle étape importante à franchir. Personne ne peut éviter les montagnes, mais elles peuvent conserver leur beauté. C’est à la jeune fille, à nous aussi, d’en décider.

Vues sur l’Eiger, le Mönch et la Jungfrau dans l’Oberland Bernois, en Suisse.

Finalement, la barre énergétique à laquelle Juliette songeait pour son corps ne conviendrait-elle pas davantage à son
âme ?

L’âme n’a pas d’estomac délicat. La jeune fille ne s’essoufflera pas non plus. Elle peut mâcher une de ces barres sans restriction. Joie, paix, pardon et vérité sont ses ingrédients. En fait, plus elle la dégustera, mieux son âme se portera. L’abattement, l’inquiétude, la haine, le mensonge s’effaceront peu à peu. Pour passer à la pratique, Juliette doit avoir une gomme en main.

Où trouver un effaceur ?

À son corps et son âme s’ajoute son esprit pour accueillir la vérité sur les questions existentielles. Notre nature nous conduit facilement à chercher notre propre vérité, celle qui nous arrange et sert souvent nos intérêts seuls. Mais il y a plus grand que notre vérité égocentrique.

Nous oublions que, contrairement aux végétaux ou aux animaux, nous avons un esprit qui fait de nous des êtres spirituels. Notre esprit veut nous guider à la vérité qui a fait de nous ce que nous sommes, un corps, une âme et un esprit, appelés à tendre à vivre en accord. Dans un monde imparfait, l’harmonie n’est bien sûr jamais parfaite à cent pout cent, car nous ne sommes pas des dieux, mais tient lieu à un repositionnement personnel au quotidien.
On a appris à Juliette à négliger son esprit, en n’en parlant pas. C’est le cas pour beaucoup d’individus qui, du coup, se désintéressent également de leur corps et leur âme, sans même sans douter. Notre personne est un ensemble qui mérite le meilleur.

Où chercher la vérité ?

Elle a pour fondement une source d’eau vive.

Saas-Fée en Valais, Suisse.
Définir l’eau vive, c’est parler d’abondance.

Il y a un peu plus de trente ans, alors que je me promenais dans le Drakensberg, une chaîne de montagnes en Afrique du Sud, je me suis rendu compte que j’étais dans un coin très sauvage. Il n’y avait pas de distributeur de boissons fraîches, loin à la ronde. Pourtant, je devais me désaltérer, trouver quelque part une eau de source. Je l’ai découverte derrière un épais rideau de végétation entre deux rochers, bien cachée. J’ai entendu son chant discret. Je l’ai trouvée, parce que je l’ai cherchée.

Faut-il forcément attendre d’être sur la montagne pour chercher et trouver une source ?

Je suis convaincue qu’il n’est jamais trop tard pour se mettre en quête. Mais encore faut-il en trouver une qui soit pure, dont le goût n’est pas amer, à défaut de quoi elle serait imbuvable et nous rendrait malade. L’eau de ma source était cristalline.

Juliette va-t-elle comprendre l’importance de connaître la véritable source, avant de commencer à escalader ses montagnes ?

Comme elle est encore une jeune fille, cela lui épargnerait bien des déboires et des détours, lui éviterait de prendre des décisions importantes qui la conduiraient à les regretter par la suite. Ce ne sont pas quelques pas hésitants, signes de sa petitesse face aux difficultés, qui devraient faire renoncer Juliette. Passer à la pratique, c’est commencer à grimper sur de petits monticules… Un enfant s’y entraîne naturellement. J’ai photographié un abri minuscule au sommet d’une souche d’arbre, probablement la création d’une personne jeune. Elle le destinait à un marron, à défaut de pouvoir l’habiter elle-même. Elle avait aussi prévu un escalier, avec de larges marches, pour s’assurer que tout lilliputien atteindrait son refuge pour s’y reposer. Elle avait anticipé la montée, n’avait rien laissé au hasard. Elle a tout mis en œuvre pour atteindre son but.

Des personnes affirment être nées sous une bonne étoile, touchent du boisii pour que cela ne change jamais. Certaines sont douées pour se faufiler entre deux montagnes, ou emprunter un passage creusé par d’autres sous une montagne. Mais celles-ci nous entourent partout, et un jour ou l’autre, il n’y a plus d’échappatoire. On ne réussit plus à toutes les éviter. Il nous appartient de les franchir. S’y préparer, c’est apprendre à faire face à la réalité. Si une montagne peut se dresser devant nous à tout moment, le choix d’être prêts à l’escalader est le nôtre.

Un proverbe turc dit :

« Qui prend conseil franchit la montagne, qui n’en prend point fait fausse route, même en plaine. »

Mais auprès de qui prendre conseil ?

  • Juliette maugrée peut-être avec son portable quand il retentit le matin pour la réveiller. Pourtant, son rapport avec lui s’arrête là.
  • Elle admire un arbre qui réjouit son cœur de sa splendeur, mais n’en fera pas un ami, malgré la forme de vie qui l’anime.
  • Elle parle aux chats qui, à leur insu, lui enseigne certaines choses par leur comportement, mais le fait de ne pas être des humains limite leur communication, quoi qu’on en dise.
  • Elle est également consciente que les relations avec ses amis les plus chers font naître en son âme des émotions destructives, parce que ni eux, ni elle ne sont des modèles de perfection. Heureusement, l’être humain parvient, malgré tout, à vivre de belles choses avec ses pairs. La richesse de ces moments inoubliables permet à des émotions constructives de s’enraciner dans son âme. Sinon, à quoi bon avoir des amis ! Cependant, elle reconnaît leurs limites. Ils sont parfois démunis pour la conseiller de façon appropriée, comme elle le serait elle-même pour eux.

Tenant compte du fait que nous parlons de notre esprit, celui-ci est intimement lié à notre spiritualité, un mot de la même famille. Donc, seul un être divin, un autre mot qui peut s’associer à cette famille, en quelque sorte, peut répondre à l’attente de Juliette.

Un chat au maître attentionné, du plaisir à profusion pour tous les deux.

L’enfant à l’abri de lilliputien, dont j’ai déjà fait mention, avait choisi un monticule pour s’élever vers le divin qui se situe plus haut que nos montagnes les plus élevées, et aussi bien sûr de nos plaines que nous parcourons physiquement, mais également émotionnellement sur la Terre, jour après jour.

Nés avec un corps, une âme, mais aussi un esprit, dès notre plus jeune âge, nous avons ce besoin d’utiliser également notre esprit. Mais à l’âge adulte, nous le reléguons trop souvent. Nos émotions deviennent compliquées à gérer, parfois nous étouffent comme si nous manquions d’air quand nous grimpons sur une montagne, et notre corps ne tient plus la route dans ses besoins essentiels.

Est-ce que Juliette et nous avons la chance de régler tous nos problèmes d’un coup de baguette magique ? Non. Cependant, nous avons le choix de vivre une relation avec un être divin qui, lui, est la perfection même. Par amour, il se charge pour nous de tout ce qui est trop lourd.

Juliette et son entourage sont-ils prêts pour une telle rencontre ? Pas forcément.

Leur histoire vous l’apprendra.

Petite pensée…

Je songe à ma paire de lunettes de soleil. Si je la porte par temps maussade, j’y vois un paysage ensoleillé. C’est très agréable, car j’ai une lecture différente sur la météorologie. Pourtant, il pleut et je le sais, parce que je sens les gouttes d’eau. Je ne vis donc pas dans le déni, mais mes lunettes sont comme un filtre, un encouragement, quand bien même elles ne m’ont pas dit un seul mot. Un être divin nous écoute constamment, sans parler systématiquement. Pourtant, il est toujours avec nous et veut changer notre regard sur les événements.

Veillez à bien choisir votre paire de lunettes ! Que ses verres ne soient pas trop foncés, car vous auriez des idées noires !

En guise de conclusion et en complément à la citation d’Alfred Capus en début d’article, je vous laisse découvrir la mienne sous la dernière photo prise cette fois par mon époux, et non par moi-même.

« Vouloir arriver, ce n’est pas forcément mettre le turbo, mais sans négliger un seul jour, laisser du temps au temps. Une journée méprisée est une perte de temps et préjudiciable pour celles qui suivront. »

[i] Le pardon n’est pas un signe de faiblesse, mais de courage. Premièrement, il libère, et secondement, il peut conduire à l’action, dans le but de prendre position contre des comportements et des décisions injustes qui font du tort à des innocents.
[ii] Définition de l’expression « toucher du bois » dans le Wiktionnaire : Au Moyen Âge, les chrétiens disaient que l’habitude de toucher du bois venait de ce que le Christ avait été sacrifié sur une croix en bois : toucher du bois était donc une forme de supplication ou de prière qui permettait de se protéger de l’adversité. Mais on trouve cette croyance antérieurement au christianisme, par exemple dans l’Antiquité grecque, chez les Perses, en Égypte pharaonique ou chez les Indiens d’Amérique du sud qui pensaient que le bois abritait le génie du feu. Le culte des arbres est ou était aussi très répandu sur tous les continents. https://fr.wiktionary.org/wiki/toucher_du_bois