Conte de Noël, mon cadeau pour vous…

Eurêka !

Auteure Pierrette Miletto

Clémence, rêveuse, regarde le ciel étoilé par la fenêtre. C’est une belle nuit de Noël qui réclame son attention. Ses enfants sont déjà couchés. À qui la faute ? Raphaël, leur père, est au bureau, par habitude, pour boucler un dossier. L’appât du gain est un hobby qui ne les lâche plus. Leurs vies sont ternes comme un jour de pluie sans soleil, à laquelle il manque un arc-en-ciel.Camille, une fillette aux yeux bleu azur, blonde comme les blés et au teint clair, les joues délicatement rosées comme celles d’une princesse, est le portrait tout craché de sa mère. Son frère jumeau, Arthur, a lui des yeux noirs, une chevelure aussi foncée que l’ébène et la peau légèrement basanée. Il ressemble à son père. Quand il sera grand, il aura son physique sculpté à l’image d’un dieu grec. Tous les quatre vivent dans un pays de cocagne, mais leurs parents l’ont oublié.Quand Clémence et Raphaël se sont rencontrés, ils avaient peu de sous, mais des sourires, des joies, des encouragements à revendre. Cependant, ils les distribuaient gratuitement. Leur bonheur ne dépendait pas des œufs de caviar absents de leurs assiettes, ou des friandises provenant de la confiserie renommée et logée au coin de la rue. Ils se flattaient, à juste titre, de les admirer sans les convoiter. Amis et voisins rêvaient de connaître un jour l’amour qui liait les deux tourtereaux. Leur logement était si petit qu’ils s’y frôlaient en se croisant. Pourtant, à chaque fois, c’était l’occasion de s’échanger un baiser furtif mais bienfaisant.

Façonnés à la « confiserie Miletto ».

Quand les deux petits sont nés un jour de Noël, le cœur de leurs parents s’endurcit peu à peu. Et quand l’être intérieur n’enflamme plus le cœur pour le réchauffer, il devient froid comme la pierre. Un enfant aurait suffi. Le second semblait être de trop pour leurs salaires. On ignore lequel est arrivé le premier. Quoi qu’il en soit, ils les aimaient de la même manière, mais peut-être pas de la meilleure.

[i]Ce cœur a été photographié sur un chemin pédestre au bord du lac Léman .

Clémence et Raphaël s’engagèrent à fond, de l’aube au crépuscule, dans de multiples initiatives en vue de faire carrière pour l’argent. Ils accablaient d’autres géniteurs, à cause de leur soi-disant irresponsabilité. À leurs yeux, ces familles vivotaient. Clémence et Raphaël abondaient tant en richesses que pour eux, ceux qui ne manquaient pourtant pas du nécessaire étaient de pauvres diables. Ils méprisaient ces « miséreux », étaient fiers de leur propre détermination, de leur persévérance. Ils évitaient néanmoins de parler de leur courage, celui de se priver de leur progéniture la plupart du temps. Ils étaient des accros du travail. Cependant, ils avaient atteint leur but, leurs enfants ne manquaient apparemment de rien. Quand la baby-sitter n’était pas là, le petit écran la remplaçait. La télécommande était devenue leur doudou préféré. Dès le lever du jour, elle était dans la main de Camille ou d’Arthur. Leurs seules disputes consistaient à se l’arracher pour se l’approprier. Les bagarres étaient trop peu fréquentes pour les empêcher de prendre de l’embonpoint. Le grignotage de cacahouètes et de chips à longueur de journée, une maladie que l’on appelle l’ennui à mourir, n’aidait pas non plus. En conséquence, le regard fixe, posé sur l’écran, ils se mouvaient de moins en moins, à croire que la vie les avait quittés. Aucun jouet ne les intéressait plus depuis fort longtemps, ils en avaient reçus jusqu’à saturation

Clémence s’inquiéta sérieusement pour eux quand ils reçurent chacun une tablette. Désormais, ses deux « boules de graisse » ne se disputaient plus. De toute évidence, ils ressemblaient de moins en moins à une princesse et à un dieu grec. Peu importe, car elle réalise soudain qu’elle aspire à mieux pour ses jumeaux. Toujours à sa fenêtre, elle fixe une étoile étincelante dans le ciel, puis s’écrie : « Eurêka ! N’est-elle pas le signe donné aux mages qui les conduit à un autre enfant de Noël, Jésus ? Marie et Joseph ne roulaient pas sur l’or, pourtant ils en ont reçu pour cadeau. Avec la myrrhe et l’encens, ne sont-ils pas parvenus à donner une vie décente à leur fils ? »

Une crèche photographiée chez une personne qui m’est très chère.

Et quand il y en a pour un, il y en a aussi pour deux. Elle et son mari, grâce à une étoile, retrouveront le chemin de l’espérance qu’ils ont quitté, mais cette fois, ils y marcheront avec Camille et Arthur. Confiants, ils croiront en la providence divine et à l’amour vrai qui les lie désormais tous les quatre.

 

Encore aujourd’hui, je les vois vivre les rêves qui sommeillaient en eux.

Dessin Joyeuses Fêtes

Une nouvelle œuvre familiale !


[i]La première ou le premier qui le découvrira aura une surprise. Écrivez-moi sur info@miletto.ch pour me dire à quel endroit vous l’avez découvert, avec, à l’appui, des photos du cœur et de ses alentours.