Le circo Massimo et la réussite

Le printemps joyeux

"Le printemps joyeux", aquarelle et gouache, l’œuvre d'une amie lausannoise et artiste-peintre talentueuse, Anne-Catherine Vetsch.

Le printemps et sa végétation en gestation marque une renaissance, ai-je écrit sur ma page d’accueil. La sève brute et ascendante des végétaux (eau et sels minéraux) est souvent captée par leurs racines avant l’heure, alors qu’il n’y a pas encore de feuilles. On la voit couler aux endroits où les tiges ont été taillées. Par la suite, quand la plante a son feuillage et que celui-ci transpire, pour éviter son desséchement, la sève est mise sous pression et aspirée au travers des troncs, des branches, des tiges, pour hydrater les feuilles. La nature se réveille.

Chez l’humain, c’est la circulation sanguine qui permet une bonne irrigation des organes, grâce aux contractions du cœur. Le sang contient les nutriments nécessaires à notre organisme.

En observant les cycles de la nature, le printemps serait donc le temps propice pour faire le plein d’énergie. Pour les plus férus des arts ménagers, cette saison est le dépoussiérage assuré. L’un se nourrit de connaissances sur le sujet comme il le ferait d’une autre science, peu importe laquelle. Mais cela reste de la théorie. Un autre a une approche plus pragmatique. Il se saisit résolument des « outils » appropriés (dans mon enfance, ma mère déposait les tapis sur une couverture de neige fraîche au jardin, avant de les taper pour en faire sortir la poussière), et se plonge résolument dans la tâche avec courage, car il en faut. Pour bien des gens, c’est un travail ingrat.

Une fois le logement assaini et rangé, on en retire généralement de la satisfaction, à moins de se complaire dans l’insalubrité et le désordre.

Juliette, mon héroïne, est courageuse. En automne, déjà, soit avant l’heure comme l’arbre dont la sève coule là où les tiges ont été taillées, elle décide de trouver les réponses à ses questions, par tous les moyens. Elle ne se contente pas d’échafauder des hypothèses qui la laisseraient sur sa faim. Au dicton qui dit que tous les chemins mènent à Rome, elle n’y croit pas. On peut emprunter une route qui laisse un arrière-goût d’amertume, par ignorance ou par négligence. De plus, à une époque, même lointaine, cette ville n’était pas la panacée. Nombreux sont ceux qui étaient livrés en pâture aux lions au circo Massimo.


Juliette veut vivre sa vie intensément. Elle se sent inexpérimentée, du fait de son âge. Elle pourrait tenter sa chance et décider de puiser son bonheur dans la gloire et le pouvoir, si ces valeurs permettent de le trouver. Mais c’est difficile, voire impossible, parce qu’elle n’a pas de fortune personnelle pour les acquérir. Cependant, elle ne souhaite pas renoncer pour autant à une vie réussie. Alors, comment la découvrir ? Elle veut être sûre de son coup. Sa force est de chercher à faire les bons choix. Grâce à sa détermination, elle est prête à balayer et détruire les germes infectieux. S’ils venaient à se développer en elle, ils étoufferaient peu à peu ses objectifs. Pour ne pas rater sa cible, une existence formidable malgré les difficultés, elle aimerait aussi contracter une assurance vie, mais qui soit gratuite. Le problème est que tout se paye dans ce monde. Lors d’un achat, ne faut-il pas beaucoup de fric pour s’assurer d’en avoir pour son argent ? Malheureusement, tout le monde n’est pas riche comme Crésusi . Alors, tout laisse à penser que les rêves de mon héroïne, c’est du n’importe quoi.

Nettoyer et ranger son logement impliquent de passer de la théorie à la pratique. De même, aller à la rencontre de Juliette, c’est admirer le coffret en bois de mon bouquin, puis l’ouvrir afin d’y découvrir ses trésors, l’un après l’autre.


i À la fin de sa vie, et malgré sa fortune, ce dernier roi de la dynastie des Mermnades, n’a pas été épargné par le malheur. Il a perdu Atys, son fils, et la Lydie, son royaume.
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